Alors que mon stage vient de se terminer, je crois qu’il est grand temps de vous présenter plus en détail mes occupations en Australie au cours des 4 derniers mois. Et oui pour ceux qui en douteraient encore et contrairement à ce que le blog pourrait laisser croire, j’ai quand même bossé entre 2 week ends en mode touriste!
J’ai effectué mon stage au sein du groupe Manildra, leader Australien de la production de farine et produits dérivés, pendant près de 4 mois. En arrivant en Australie, je savais pour qui j’allais travailler mais en ce qui concerne mon activité précise et mon lieu de travail, c’était le flou artistique..
J’ai été pris en charge par Mark, le “technical manager” du groupe, qui m’a fait visiter plusieurs sites de production: la principale minoterie du groupe située près d’Orange et l’unité de production de Nowra qui produit gluten, glucose, amidon et éthanol à partir de la farine de blé provenant des 3 minoteries que possède Manildra en Australie. Je me doute que les noms de localités ne sont pas forcément évocateurs pour vous donc je vous joint une petite carte pour vous repérer (sachant que l’éditeur de la carte interactive que vous trouviez dans le menu du blog a fermé boutique..)
En résumé j’avais le choix entre la South Coast et ses plages avec l’un des sables les plus blancs au monde – dixit le lonely planet - et le central west New South Wales et ses extrêmes climatiques: 40C l’été, jusque -10C en hiver avec de la neige.. Choisir mon sujet de stage uniquement en fonction de la localisation? Non, je ne suis pas comme ça moi! Toujours est-il qu’après 2 jours passés à Orange sous des températures caniculaires (jusqu’à 42C
) , j’étais soulagé lorsque Mark m’a proposé de travailler à l’unité de Nowra pour commencer.
Me voilà donc à Nowra, 40000 habitants, située à 10 mn du Pacifique et à 2h au sud de Sydney. La ville en elle même présente peu d’intérêts mais sa localisation est idéale avec l’océan, les parcs nationaux et Sydney à proximité immédiate.
Pour la première partie de mon stage en Australie, je suis chargé du suivi qualité de la production de gluten destiné à un client important (Kellogs pour ne pas le citer). Concrètement, je reconstitue une sorte de pâte à pain en mélangeant le gluten à tester avec de l’amidon (grosso modo, amidon+gluten=farine) et un volume d’eau que je dois ajuster en fonction de chaque échantillon. J’évalue ensuite l’extensibilité et la “force” de cette pâte qui me donnent des indications sur la qualité du gluten. Tout cela sur des appareils allemands aux noms un peu barbares: farinographe, extensographe, glutomatic.. Au final, le gluten c’est un peu comme le budget: on voudrait toujours qu’il soit plus extensible!
Après 1 mois et demi passés à jouer avec les “doughs” (pâte à pain) et des résultats très satisfaisants côté production, on me propose de toucher à un tout autre aspect de l’industrie en allant travailler sur la ferme environnementale du groupe située à 3 km de l’usine de Nowra. Et voilà comment je me retrouve à faire de l’enviro, après avoir testé le contrôle qualité
Mais où est la protec dans tout cela?? En Nouvelle Zélande d’abord, en France avec ma 3e partie de césure ensuite; et puis après tout la césure c’est aussi pour élargir son champ de compétences me semble-t-il?!
Je découvre donc la ferme environnementale associée à l’usine dont le but est de réduire l’impact environnemental des activités industrielles du groupe tout en réalisant des économies substantielles grâce au recyclage des ressources. ouh la! c’est abstrait tout ça.. Un exemple: l’eau utilisée dans le procédé de séparation du gluten et pour le lavage des cuves est stockée dans des bassins contenant divers types de populations bactériennes qui vont progressivement réduire la charge en matière organique permettant la réutilisation de cette eau pour l’irrigation des pâtures de la ferme. Pour les non scientifiques, les microbes du bassin transforment l’eau souillée qui sort de l’usine pollueuse en eau toute propre qui permet d’avoir de la belle herbe bien verte tout au long de l’année. Et les bénéf dans tout ça? Et bien on utilise le méthane issu des réactions du bassin anaérobie pour remplacer une partie charbon utilisé comme combustible dans l’usine et on élève du taurillon de compét’ nourris à la bonne herbe des pâtures irriguées avec les eaux traitées. C’est pas beau le développement durable??
Les différents bassins d’épuration de l’eau avec le bruleur de méthane comme sur les stations prétrolières à droite de la photo suivante.
Et moi qu’est ce que je fais dans tout ça? Je surveille la qualité des eaux des différents bassins: échantillonnage, titrations, spectro, calcul de ratios; bref un vrai retour aux paillasses. C’est ultra intéressant et je n’ai pas le temps de m’ennuyer avec Glenys, ma responsable de stage à la ferme, qui me fait participer à toutes ses activités, au labo et sur le terrain.
Même les ibis aiment les prairies de la ferme, humides en permanence grâce à l’eau épurée provenant des bassins.
Au cours des 2 derniers mois, j’ai fréquemment eu l’occasion de sortir de ma routine de laborantin, comme lors de cette journée sur le terrain avec des étudiants de l’université de Wollongong qui mesuraient l’activité d’un système d’alcalinisation de l’eau à base de gravats calcaires.
Et sur cette ferme vraiment pas comme les autres, on trouve de la mangrove en bordure des champs de mais…
Ce qui est cool avec le boulot en entreprise, c’est qu’il vient avec quelques avantages du genre voiture de fonction – très pratique quand on débarque en Australie, le vélo c’est pas trop ça ici vu les distances - et prêt d’ordinateur quand le vôtre vous lâche par exemple..
Et la voici ma modeste voiture de fonction, une F550 Maranello V10:
Non allez j’arrête de rêver, la voilà ma titine. Une Ford Falcon break.. pas évident à garer.
Côté logement, j’ai vite abandonné Nowra pour aller me poser plus au nord: d’abord à Kiama, magnifique village en bord de mer, puis à Jamberoo, village pittoresque au coeur de la campagne Australienne et toujours à 10mn de l’océan. Ma chambre actuelle est située au dessus du Jamberoo Pub, LE coeur du village. Il est assez fréquent en Australie de voir des pubs proposer des chambres de type motel, et je dois dire qu’elles sont particulièrement charmantes ici à Jamberoo. Sans oublier le large choix de bières “on tap” au rez de chaussée avec, cerise sur le gâteau, de la Guinness pression!
Bon le prix à payer pour rester dans ce coin de paradis, c’est 45mn de trajet matins et soirs pour me rendre au travail. Mais rien à voir avec les 45mn que je passerais bloqué dans une n-ième panne du tram Nancéen avec pour seule panorama les HLM du vélodrome. Non, ici pour me rendre au travail je prend la scenic road qui offre de magnifiques vues sur le village de Gerringong et sa plage depuis les hauteurs de Kiama avant de traverser un parc national couvert par une forêt d’eucalyptus bordant une plage longue de 7 miles et enfin d’apercevoir les patchs de mangrove sur le pont surplombant l’embouchure de la Bowden creek. Ça donne envie de se lever pour aller travailler tout ça!
Et pour mon départ, Glenys (qui encadrait mon stage sur la ferme) a organisé un repas surprise dans une “winery” près de Nowra avec tous mes collègues! Ce fut un déjeuner gastronomique accompagné par un bon Shiraz de la South coast avec vue sur les vignes, bref une excellente surprise!
Voilà maintenant vous en savez plus sur mes conditions de vie insoutenables au cours de ces derniers mois.. pffouh vivement les vacances!





























Bin on comprendrait que tu ne veuilles plus rentrer…..
j’ai l’impression que la vie va te sembler étriquée à Nancy la dernière année…
et que dire de St Amand les bains de pieds….
Mais il est toujours bon de se re-pluger à sa base de temps en temps. Revoir sa moman, son papa et son chien, les papy et mamies qui n’en peuvent plus de revoir leur petit fils prodigue globbe trotteur…
Bon j’arrête de te gaver le moral, tu as encore du temps pour la découverte.
Profites en.
Biz
Mum
Hello nNat’! Toujours la belle vie à ce que je vois? Tu as même fait une conquête, si j’en juge par la dame en bleu qui te “serre de près” sur la dernière photo?????
Dommage qu’il faille bien rentrer un jour, n’est-ce pas? 
A+ continue bien, tes photos sont toujours splendides Fabienne