Une ferme pas comme les autres

19 05 2010

Après ces quelques jours passés à Cairns, il est temps de bouger même si je serais bien resté quelques semaines de plus ici. J’entame donc ma longue descente de la East Coast (en bus) avec quelques étapes au programme.  Arrivé à Rockhampton, au niveau du tropique du capricorne, je décide d’aller visiter une exploitation assez particulière, le genre d’exploitation que même les DEFIs n’ont jamais étudiée: un élevage de crocodiles. Quel intérêt pour un fermier à risquer sa vie en élevant ces dangereux reptiles, pourquoi pas des vaches ou des moutons comme les autres? Le fait est que le crocodile, bien qu’assez lent pour parvenir à sa taille adulte, s’avère particulièrement lucratif pour sa peau (pensez sacs a main et portefeuilles!) et sa chair dont les australiens raffolent. Le prix du kg de viande de croco dépasse largement celui du kangourou ou de l’émeu… Attention, cela n’est vrai que pour les crocodiles marins (qui sont les plus grands crocodiles au monde, le record étant 7m de long).

Et l’Australie ne manque pas de fermiers téméraires prêts à se la jouer “crocodile dundee” si le jeu en vaut la chandelle. En tout cas, celui-là était totalement dans le style -> cf. photos.

 Pendant la visite de la ferme, nous avons eu la surprise d’apercevoir un sea eagle, l’un des plus larges rapaces Australiens.

Nous avons eu le droit au nourrissage des crocos qui ne sont pas difficiles puisqu’ils mangent des poulets entiers avec plumes, becs et pattes. Je vous rassure, les poulets sont préalablement occis :) D’après l’éleveur, les pattes de poulet sont même indispensables au régime du crocodile qui est naturellement très sensible aux carences en calcium. Il nous affirme que les crocos n’ont pas très faim en cette saison à cause des températures plus fraiches, toujours est il que les reptiles rappliquent illico au premier poulet qui touche le sol. Ils sont très sensibles aux vibrations à la surface de l’eau et peuvent ainsi repérer leur proie à des centaines de mètres à la ronde, y compris les baigneurs imprudents. (4 décès l’an dernier en Australie)

 

Notre Crocodile Dundee se met ensuite en scène dans un jeu un peu plus risque: il fait sauter les crocos pour attraper des morceaux de viande qu’il lâche au dernier moment dans leur gueule grande ouverte. Et étonnement, ces bestiaux qui peuvent peser une tonne sont capables de sauter très haut en se propulsant à l’aide de leur puissante queue.

 

Enfin, j’ai l’occasion de tenir un juvénile dans mes mains! Etant malade à sa naissance, celui ci a été élevé par le fermier dès son plus jeune âge et reste donc très calme dans les bras des visiteurs.

J’avais eu la chance de voir des crocodiles à l’état sauvage sur la Daintree River près de Cairns, ce qui m’avait donné envie d’en approcher de plus près. C’est chose faite grâce à la Koorana crocodile farm.





Plongée dans le monde de Némo

13 05 2010

Après ces quelques jours d’aventure dans l’aridité du Red Centre, je regagne la côte Est dans sa partie tropicale cette fois. Direction Cairns, l’une des villes côtières les plus au nord et à proximité directe de la grande barrière de corail. The Great Barrier comme on l’appelle ici est un véritable concentré de superlatifs: 2300km de longueur pour 80km de largeur dans sa partie la plus vaste ; des organismes microscopiques pour la plupart invisibles à l’œil nu – les polypes coralliens – ont passé les derniers 18 millions d’années à édifier le plus grand système récifal au monde avec 2900 récifs distincts. Plus grande structure vivante sur Terre et la seule visible depuis l’espace, la grande barrière abrite 1500 espèces de poissons, 400 types de coraux, 4000 espèces de coquillages et mollusques, 800 espèces d’échinodermes, 200 espèces d’oiseaux, 6 espèces de tortues mais aussi des mammifères marins tels que les baleines, dauphins ou encore le très rare dugong (stat. du lonely planet): bref c’est un véritable paradis de la biodiversité ! Cette merveille naturelle est aujourd’hui classée au patrimoine mondial de l’UNESCO avec une réserve marine d’une superficie équivalente à celle de l’Allemagne. Ça n’empêche pas certaines catastrophes écologiques – la dernière remontant à quelques semaines avec le naufrage d’un pétrolier chinois sur les récifs…

J’ai à nouveau le droit à un changement radical de climat, passant de la chaleur sèche du désert à la chaleur humide des tropiques : c’est un peu comme passer directement du sauna au hammam. Avec 97% d’humidité, même 27C sont difficiles à supporter à Cairns.

Je n’ai jamais plongé avec bouteilles et je me dis que s’il y a un endroit au monde où je dois m’y mettre, c’est bien ici sur la grande barrière. Je prends mes inscriptions pour un cours de 5 jours : 2 jours d’apprentissage en piscine et les 3 jours suivants sur un yacht pour mettre en pratique les acquis sur quelques très bons spots du reef.

Les 2 premiers jours sont éprouvants : 2 fois 8h de cours et tant de choses à mémoriser! L’équipement, les signaux, les paliers, les situations d’urgence.. Heureusement, tout cela s’acquiert beaucoup plus facilement avec les exercices pratiques en piscine.

J3 – 6h du mat’ : c’est parti pour le plus grand aquarium récifal du monde ! J’embarque sur le yacht qui nous emmène sur la bordure extérieure de la grande barrière à plus de 50km de la côte. Au programme, 9 plongées en 3 jours. Nous sommes accompagnés par un instructeur lors des 4 premières plongées qui sont consacrées à valider nos connaissances en conditions réelles : c’est-à-dire que l’océan ça n’est pas tout à fait pareil que la piscine.

A l’issue de ces plongées, je reçois mon PADI, un certificat qui me permet de plonger n’importe où dans le monde jusque 18m sans instructeur. Et pour les 5 plongées restantes, je suis libre de plonger sans instructeur (mais toujours avec un binôme) et d’aller où je veux sur le récif ! Magique..

Si je devais comparer la plongée avec bouteille avec mes expériences précédentes de snorkelling (plongée avec tuba), je dirais qu’on voit presque la même chose mais sous un angle différent : on n’observe plus le récif par depuis la surface, on est au coeur du récif.

Et pour ce qui est du problème de la mort des coraux à cause du réchauffement de la température de l’océan, je n’ai vu aucune zone blanchie – sûrement parce que le tour operator choisit des zones épargnées du récif.

Sur les photos suivantes, en vrac: un requin à pointe blanche!, un “Napoleon Wrasse” absolument énorme, Némo (son cousin plutôt car c’est une espèce différente), des poissons perroquets et…moi et ma frange!

Une croisière qui s’achève malheureusement trop vite, vivement la prochaine plongée  :)





Uluru, le coeur flamboyant de l’Australie

9 05 2010

3 jours après la fin de mon stage, je quitte Sydney par la voie des airs en direction d’Uluru (ou Ayers Rock à l’occidentale), le plus imposant monolithe au monde et certainement l’une des merveilles naturelles les plus représentatives de l’Australie. Un dernier coup d’oeil à l’immensité azur de l’océan Pacifique en survolant la baie de Sydney avant de m’enfoncer dans l’intérieur des terres et de voir défiler des paysages de plus en plus arides. Après 3h de vol et 2000km parcourus, le bleu de l’océan a laissé place au rouge ocre du désert Australien. Ça y est, j’ai atteint cette région que les Australiens appellent le “Red Centre”, où la couleur rouge des argiles riches en fer oxydé domine largement le paysage. Tout est désespérement plat, tout sauf une protubérance à l’horizon: Uluru, repérable à des dizaines de km depuis l’avion. J’aperçois un autre massif aux formes étranges: les aborigènes l’ont surnommé Kata Tjuta (“Nombreuses tetes” en abo) ou The Olgas pour les anglophiles.

Le choc thermique est saisissant à la sortie de l’avion. Les 31C degrés sont tout de meme supportables après quelques heures d’acclimatation. Je n’ai pas trop à me plaindre si l’on considère que les températures dépassent régulièrement 40C en janvier ici. Je récupère ma petite voiture de loc’ et c’est parti pour 3 jours d’aventure dans l’outback Australien.

Je passe poser mes affaires dans le village de Yulara situé à 20km du rocher et dont la seule raison d’exister est l’afflux massif de touristes qui se rendent chaque année dans le parc national des Kata Tjuta. Une vraie oasis au milieu du désert avec supermarché, station service, café, wifi et réseau télephonique.. le tout à des prix exorbitants. Si vous n’etes pas contents, vous n’avez qu’à aller voir au prochain village a 150km si c’est moins cher!

Je file ensuite vers l’entrée du parc au volant de ma Toyota, impatient d’approcher le monolithe. Il parait de plus en plus imposant au fur et à mesure que j’approche, révèlant tout son gigantisme: 350m de haut, 10km de circonférence et, à l’image d’un iceberg, les 2 tiers de sa masse sont sous la surface.

Un autre aspect impressionnant d’Uluru est sa couleur qui change considérablement au cours de la journée, allant du brun foncé à un rouge vif saisissant dans les dernières secondes avant le crépuscule. Je vous joins un petit medley d’Uluru vu sous différents angles à différents moments du jour.

Uluru est également un formidable endroit pour découvrir la culture aborigène. Le parc national étant la propriété de la tribu des  Anangu pour lesquels Uluru est un rocher sacré, les marches sont agrémentées de panneaux racontant les légendes aborigènes entourant le site. Le service des parcs nationaux autorise les touristes à gravir Uluru: sur sa face la moins raide, une rampe est installée pour les courageux. Cependant, les Anangu considèrent irrespectueux de fouler sur un site sacré et demandent aux touristes de ne pas grimper Uluru. Malgré cela, des centaines de touristes s’élancent chaque jour à l’ascension du rocher et on compte plusieurs morts par crise cardiaque tous les ans sur ce sentier très éprouvant et sans une seule zone d’ombre. L’ascension constitue donc un choix personnel. J’ai pour ma part décidé de ne pas y aller, non pas que le défi physique me déplaise, mais par respect pour les croyances autochtones.

Je commence à me rendre compte que j’avais largement sous-estimé un problème récurrent dans l’outback: les mouches. Une dizaine de mouches m’entourent en permanence (je n’ai pourtant pas oublié de prendre ma douche ce matin…). Les mouches Australiennes sont particulièrement terribles car elles sont assez petites pour s’infiltrer partout: les oreilles, les narines et les yeux! De nombreux touristes se promènent avec une moustiquaire accrochée à leur chapeau; moyennement emballé à l’idée de voir Uluru à travers un grillage, je décide quant à moi de me forcer à supporter cette nuisance.

Je passe les 2 jours suivants à randonner autour d’Uluru et des Kata Tjuta, dans la vallée du vent. Je ne rate pas un seul coucher ou lever de soleil, toujours magiques en ces lieux. J’espère apercevoir des dingos et pourquoi pas quelques serpents mais je dois me contenter d’un lézard très étrange: le “thorny devil”. J’ai quand meme la chance de me réveiller chaque matin sous les hurlements des dingos qui entourent le village pendant la nuit.

 

Le 3e jour, je me lance sur la route qui traverse le désert pour me rendre a Kings Canyon: une longue ligne droite de 310km avec un seul virage au milieu. Ne pas s’endormir au volant, ne pas s’endormir…

Je marche toute la journée le long du sentier qui longe les bords du canyon avec des vues impressionnantes sur l’intérieur du canyon et le jardin d’Eden qui s’y est développe grace à la présence providentielle d’une rivière quasiment intarissable. Là, jai la chance de marcher pendant quelques heures en compagnie de 2 rangers qui m’expliquent quelques secrets de la flore locale en chemin.

Et pour fêter mon dernier soir dans l’outback, rien de tel qu’un barbec 100% OZ avec des Américains affamés. Au menu: brochettes de kangourou et de croco, saucisse d’ému et salade à volonté. Mon classement: 1. Emu, 2. Kangourou, 3.Croco sachant qu’en bon carnivore j’ai adoré les 3 :)  

Retour à Uluru pour un dernier coucher de soleil et c’est déjà l’heure de quitter le coeur désertique de l’Australie en direction de Cairns, ville tropicale de la côte Est aux portes de la grande barrière de corail.





A la découverte de la Great Ocean Road

5 05 2010

Retour à Melbourne il y a quelques semaines mais cette fois ci, pas le temps de visiter la métropole; j’ai rendez-vous avec Joséphine, Marion et Roxanne – après Manon et Nelly le mois dernier: je crois que les ENSAIENNES adorent l’Australie – pour un road trip de 3 jours le long de l’une des plus belles routes d’Australie: la Great Ocean Road.

Elle s’étend sur 250km à l’est de Melbourne entre Torquay et Warrnambool (cf carte) et offre de sublimes panoramas sur l’océan le long d’un littoral très varié avec, en point d’orgue, d’impressionnantes formations de grès ou calcaire telles que les fameux “12 apotres” près de Port Campbell. On dit parfois que le plus important n’est pas la destination mais le chemin qui nous y mène, et bien la Great Ocean Road illustre parfaitement le proverbe.

Nous nous retrouvons donc le vendredi matin à Melbourne centre où nous récupérons notre petite Toyota Corolla (et oui cette fois ci c’est bien Corolla, petit clin d’oeil à mon ex Corona qui doit etre en train de parcourir les contrées Néo-Zélandaises..) et filons vers la péninsule de Mornington. Après quelques heures perdues dans le traffic Melbournien, un arrêt pour admirer les chalets multicolores qui parsèment les plages de la péninsule et une discussion culinaire, lancée par Marion, avec un pêcheur du coin sur la meilleure façon de préparer la friture locale, nous prenons le ferry qui traverse la péninsule pour nous amener vers le tout début de la Great Ocean Road. Un groupe de dauphins est présent pour saluer le départ du ferry. Le ciel, dégagé le matin, se couvre au fil des heures.

Notre premier objectif, une fois passés de l’autre côté de la baie, est de nous rendre à Bells Beach où se déroule l’une des plus grosses compétitions de surf en Australie: la Ripcurl Pro Cup pour peut-être apercevoir l’une des légendes OZ de la glisse: Kelly Slater. A notre arrivée sur le site, tout nous semble anormalement calme; très peu de voitures garées et encore moins de surfers. Pourtant les banderoles et gradins sont bien là pour nous indiquer que nous ne nous sommes pas trompés d’heure et de lieu… Nous demandons à une responsable de la sécurité ce qu’il en est: il nous apprend que compte tenu des conditions très défavorables au surf (un mer d’huile, pas une seule petite vague à l’horizon), la finale a été déplacée d’urgence le matin même sur une autre plage à 150km à l’est de Bells Beach. Et il est déjà 16h, pas le temps de nous rendre sur les lieux pour voir la victoire de Slater: quelle poisse!

On se console en prenant quelques photos sous les banderoles à l’entrée du site déserté, mais vous pouvez lire la déception sur mon visage!

Nous reprenons la route vers Lorne où nous passerons notre première nuit dans un backpacker très cosy. Nous atteignons le village sous la pluie et décidons de nous préparer des fajitas accompagnées d’une bonne bière locale pour nous consoler d’avoir râté les surfeurs et les premiers panoramas de la Great Ocean Road à cause de la pluie.

Le lendemain, nous faisons un petit crochet par les Erskine Falls, une cascade sympa perdue au coeur de la forêt humide.

Nous reprenons ensuite notre chemin le long de la Great Ocean Road qui devient de plus en plus sinueuse. Des panoramas impressionnants s’offrent à nous; ayant le volant je reste bien évidemment concentré sur la route. Heureusement, nous nous arrêtons très fréquemment pour profiter de la vue ou descendre sur la plage en contrebas. Un trajet qui aurait pris 3h en mode “touriste japonais” (=10mn d’arrêt photo uniquement pour les must do du Lonely Planet) va nous prendre la journée entière mais on n’est pas pressé! A certains moments, on remonte dans la voiture pour s’arrêter à nouveau 100m plus loin et descendre sur la plage suivante. Ma préférée: une plage avec des pêcheurs “fantômes” et des rochers aux formes plutôt étranges (cf photos).

Nous avons également fait une halte dans un village autour duquel est installée une colonie de koalas. A notre arrivée, ce ne sont pas des koalas mais des perroquets qui nous attendent! Entre lorikets, perroquets et cockatoos, les rencontres ornithologiques offrent toujours une explosion de couleurs en Australie. Quelques minutes s’écoulent avant qu’un bus de touristes débarque et que chacun commence à nourrir les oiseaux pour prendre la photo parfaite.  Nous nous éloignons et nous arrêtons au niveau d’un atroupement pour observer un koala perché au sommet de son eucalyptus. Il est bien loin, mais je suis tout de même très excité car c’est le premier koala que j’ai l’occasion d’observer à l’état sauvage. Nous tentons de nous éloigner encore un peu de la foule en grimpant une côte au sommet de laquelle Marion, grâce à son oeil de Lynx,  repère un autre koala en train de se nourrir paisiblement dans un jeune eucalyptus. Nous approchons à quelques mètres seulement sans déranger l’animal qui continue tranquillement son repas. Il faut savoir que les koalas sont ttrrrèèèss llleeeennttsssss à réagir car leur régime est uniquement composé de feuilles d’eucalyptus, un aliment très peu energétique.. Du coup, ils dorment plus de 16h par jour!

 

En début de soirée, nous atteignons la partie la plus réputée de la Great Ocean Road avec notamment les “12 apôtres”, des formations calcaires isolées du continent par l’érosion. A noter que les 12 apôtres ne sont plus que 8! Certains ont en effet succombé aux assauts de l’océan au cours des dernières décennies. Quelques trouées dans la couverture nuageuse nous laissent présager un crépuscule mémorable. Nous y resterons 3h pour observer le balai des couleurs au fur et à mesure que le soleil approche de l’horizon et faire quelques essais de photos en faible luminosité.

Après un bon petit resto pour célébrer notre dernière soirée sur la Great Ocean Road, nous ne tarderons pas à aller nous coucher car le ledemain, lever…6h pour aller profiter des 12 apôtres au lever de soleil cette fois. Le ciel est dégagé mais c’est au prix d’un vent violent qui ne fait qu’augmenter au fil des heures. A un certain moment, je me rends compte que mon trépied ne tient plus debout à cause du vent.. Nous revenons rapidement nous réfugier dans la voiture sous une averse de grele. Une collègue m’avait prevenu: on peut avoir 4 saisons en une journée dans le Victoria, elle n’avait pas menti.

Nous continuons la route vers l’est pour observer d’autres formations rocheuses remarquables telles que The Grotto ou la London Arch qui s’appelait le London Bridge avant que l’une de ses arches ne s’effondre dans l’ocean en 2005. Pour l’anecdote, un groupe de touriste se trouvait sur le rocher quand l’arche s’est effondrée: il se sont donc tout a coup retrouvé bloqués sur leur rocher et ont dû être heliporté..

Vers 11h, nous faisons demi tour et rentrons tranquillement à Melbourne ou se termine ce week end qui a passé bien trop vite!





La vie sur la south coast

21 04 2010

Alors que mon stage vient de se terminer, je crois qu’il est grand temps de vous présenter plus en détail mes occupations en Australie au cours des 4 derniers mois. Et oui pour ceux qui en douteraient encore et contrairement à ce que le blog pourrait laisser croire, j’ai quand même bossé entre 2 week ends en mode touriste!

J’ai effectué mon stage au sein du groupe Manildra, leader Australien de la production de farine et produits dérivés, pendant près de 4 mois. En arrivant en Australie, je savais pour qui j’allais travailler mais en ce qui concerne mon activité précise et mon lieu de travail, c’était le flou artistique..

J’ai été pris en charge par Mark, le “technical manager” du groupe, qui m’a fait visiter plusieurs sites de production: la principale minoterie du groupe située près d’Orange et l’unité de production de Nowra qui produit gluten, glucose, amidon et éthanol à partir de la farine de blé provenant des 3 minoteries que possède Manildra en Australie. Je me doute que les noms de localités ne sont pas forcément évocateurs pour vous donc je vous joint une petite carte pour vous repérer (sachant que l’éditeur de la carte interactive que vous trouviez dans le menu du blog a fermé boutique..)

En résumé j’avais le choix entre la South Coast et ses plages avec l’un des sables les plus blancs au monde – dixit le lonely planet - et le central west New South Wales et ses extrêmes climatiques: 40C l’été, jusque -10C en hiver avec de la neige.. Choisir mon sujet de stage uniquement en fonction de la localisation? Non, je ne suis pas comme ça moi! Toujours est-il qu’après 2 jours passés à Orange sous des températures caniculaires (jusqu’à 42C ;) ) , j’étais soulagé lorsque Mark m’a proposé de travailler à l’unité de Nowra pour commencer.

Me voilà donc à Nowra, 40000 habitants, située à 10 mn du Pacifique et à 2h au sud de Sydney. La ville en elle même présente peu d’intérêts mais sa localisation est idéale avec l’océan, les parcs nationaux et Sydney à proximité immédiate.

Pour la première partie de mon stage en Australie, je suis chargé du suivi qualité de la production de gluten destiné à un client important (Kellogs pour ne pas le citer). Concrètement, je reconstitue une sorte de pâte à pain en mélangeant le gluten à tester avec de l’amidon (grosso modo, amidon+gluten=farine) et un volume d’eau que je dois ajuster en fonction de chaque échantillon. J’évalue ensuite l’extensibilité et la “force” de cette pâte qui me donnent des indications sur la qualité du gluten.  Tout cela sur des appareils allemands aux noms un peu barbares: farinographe, extensographe, glutomatic.. Au final, le gluten c’est un peu comme le budget: on voudrait toujours qu’il soit plus extensible!

Après 1 mois et demi passés à jouer avec les “doughs” (pâte à pain) et des résultats très satisfaisants côté production, on me propose de toucher à un tout autre aspect de l’industrie en allant travailler sur la ferme environnementale du groupe située à 3 km de l’usine de Nowra. Et voilà comment je me retrouve à faire de l’enviro, après avoir testé le contrôle qualité :) Mais où est la protec dans tout cela?? En Nouvelle Zélande d’abord, en France avec ma 3e partie de césure ensuite; et puis après tout la césure c’est aussi pour élargir son champ de compétences me semble-t-il?!

Je découvre donc la ferme environnementale associée à l’usine dont le but est de réduire l’impact environnemental des activités industrielles du groupe tout en réalisant des économies substantielles grâce au recyclage des ressources. ouh la! c’est abstrait tout ça.. Un exemple: l’eau utilisée dans le procédé de séparation du gluten et pour le lavage des cuves est stockée dans des bassins contenant divers types de populations bactériennes qui vont progressivement réduire la charge en matière organique permettant la réutilisation de cette eau pour l’irrigation des pâtures de la ferme. Pour les non scientifiques, les microbes du bassin transforment l’eau souillée qui sort de l’usine pollueuse en eau toute propre qui permet d’avoir de la belle herbe bien verte tout au long de l’année. Et les bénéf dans tout ça? Et bien on utilise le méthane issu des réactions du bassin anaérobie pour remplacer une partie charbon utilisé comme combustible dans l’usine et on élève du taurillon de compét’ nourris à la bonne herbe des pâtures irriguées avec les eaux traitées. C’est pas beau le développement durable??

Les différents bassins d’épuration de l’eau avec le bruleur de méthane comme sur les stations prétrolières à droite de la photo suivante.

Et moi qu’est ce que je fais dans tout ça? Je surveille la qualité des eaux des différents bassins: échantillonnage, titrations, spectro, calcul de ratios; bref un vrai retour aux paillasses. C’est ultra intéressant et je n’ai pas le temps de m’ennuyer avec Glenys, ma responsable de stage à la ferme, qui me fait participer à toutes ses activités, au labo et sur le terrain.

Même les ibis aiment les prairies de la ferme, humides en permanence grâce à l’eau épurée provenant des bassins.

Au cours des 2 derniers mois, j’ai fréquemment eu l’occasion de sortir de ma routine de laborantin, comme lors de cette journée sur le terrain avec des étudiants de l’université de Wollongong qui mesuraient l’activité d’un système d’alcalinisation de l’eau à base de gravats calcaires.

Et sur cette ferme vraiment pas comme les autres, on trouve de la mangrove en bordure des champs de mais…

Ce qui est cool avec le boulot en entreprise, c’est qu’il vient avec quelques avantages du genre voiture de fonction – très pratique quand on débarque en Australie, le vélo c’est pas trop ça ici vu les distances -  et prêt d’ordinateur quand le vôtre vous lâche par exemple..

Et la voici ma modeste voiture de fonction, une F550 Maranello V10:

Non allez j’arrête de rêver, la voilà ma titine. Une Ford Falcon break.. pas évident à garer.

Côté logement, j’ai vite abandonné Nowra pour aller me poser plus au nord: d’abord à Kiama, magnifique village en bord de mer, puis à Jamberoo, village pittoresque au coeur de la campagne Australienne et toujours à 10mn de l’océan. Ma chambre actuelle est située au dessus du Jamberoo Pub, LE coeur du village. Il est assez fréquent en Australie de voir des pubs proposer des chambres de type motel, et je dois dire qu’elles sont particulièrement charmantes ici à Jamberoo. Sans oublier le large choix de bières “on tap” au rez de chaussée avec, cerise sur le gâteau, de la Guinness pression!

Bon le prix à payer pour rester dans ce coin de paradis, c’est 45mn de trajet matins et soirs pour me rendre au travail. Mais rien à voir avec les 45mn que je passerais bloqué dans une n-ième panne du tram Nancéen avec pour seule panorama les HLM du vélodrome. Non, ici pour me rendre au travail je prend la scenic road qui offre de magnifiques vues sur le village de Gerringong et sa plage depuis les hauteurs de Kiama avant de traverser un parc national couvert par une forêt d’eucalyptus bordant une plage longue de 7 miles et enfin d’apercevoir les patchs de mangrove sur le pont surplombant l’embouchure de la Bowden creek. Ça donne envie de se lever pour aller travailler tout ça!

Et pour mon départ, Glenys (qui encadrait mon stage sur la ferme) a organisé un repas surprise dans une “winery” près de Nowra avec tous mes collègues! Ce fut un déjeuner gastronomique accompagné par un bon Shiraz de la South coast avec vue sur les vignes, bref une excellente surprise!

Voilà maintenant vous en savez plus sur mes conditions de vie insoutenables au cours de ces derniers mois.. pffouh vivement les vacances! ;)





Into the wild

7 04 2010

Après le show du village de Kangaroo Valley, voici un petit article pour vous faire découvrir les merveilles naturelles que recèle cette vallée située à 2h au sud de Sydney.

L’image que j’avais de l’Australie avant d’y mettre les pieds, cétait de grandes étendues désertiques d’argiles rouges oxydées par un soleil infernal avec quelques kangourous se reposant à l’ombre des eucalyptus ça et là. Je m’attendais vraiment à un choc après les forêts humides de la Routeburn track en Nouvelle Zélande..

Surprise surprise à mon arrivée sur la South Coast où je travaille depuis 3 mois: des pâtures luxuriantes à perte de vue alors même qu’on se trouve à la période la plus chaude de l’été.. Et mieux encore: les plateaux entourant cette Kangaroo Valley que j’ai explorée la semaine dernière sont en fait couverts par une forêt humide particulièrement dense, mais avec une flore et une faune bien différentes de ce que j’avais découvert en Nouvelle Zélande. Ici, pas de fougères géantes ou de forêts de hêtres couverts de lichens mais des palmiers éventail et des figuiers étrangleurs. Ici pas de kiwi ou kea mais un autre oiseau aptère: le Lyrebird ou Weringerong en abo. Un élément commun cependant : l’EAU, omniprésente (logique dans une rainforest me direz vous..)

Le nombre de cascades dans la Minnamurra rainforest est impressionnant. On en trouve de toutes les formes et de toutes les tailles, de ce mince filet d’eau (idéal pour une douche fraîche en cette après midi caniculaire) aux Fitzroy falls et leur 82 m de hauteur. Le spectacle est magnifié par les parois verticales des plateaux calcaires, permettant à l’eau de s’écouler sans rencontrer d’obstacle avant d’atteindre le sol.

Après cette journée de rando au coeur de la Minnamurra rainforest et du Morton national Park et une courte nuit passée dans un camping de la Kangaroo Valley, je me lève aux aurores avec un objectif presque illusoire: observer un ornithorynque (appelé Platypus ici) dans son milieu naturel. Cette idée ne me quittait plus depuis que Glenys, qui travaille avec moi sur la ferme environnementale, m’a raconté que son mari en avait vus le long d’une rivière dans cette vallée!

Le platypus est un petit animal très étrange, une bizarrerie de l’évolution avec ses pattes de loutre, son bec de canard et sa queue de castor. Il est l’un des rares mammifères pondant des oeufs et possède un aiguillon venimeux, caractère que l’on trouve habituellement chez les reptiles. Le problème pour le naturaliste en herbe que je suis, c’est que le platypus est un animal nocturne et très farouche. Je me rends donc au petit matin au bord de cette rivière dans l’espoir d’apercevoir la mystérieuse créature. Après une demi heure de planque, j’entends un bruit près du rivage.. fausse alerte: ce n’est qu’un vulgaire canard qui s’amuse. Au bout d’une heure d’immobilité passée à scruter la surface de l’eau, je me rends à l’évidence alors que jour commence à se lever. Ce n’est pas encore aujourd’hui que le légendaire ornithorynque s’offira en spectacle. Je retourne à ma voiture avec le sentiment amer d’avoir perdu toutes ces heures de sommeil pour rien, quand tout à coup j’aperçois une grosse boule de poils en train de brouter paisiblement sur une pelouse le long des berges: un Wombat! C’est un marsupial endémique du sud est de l’Australie dont le cousin le plus proche est le koala. En tout cas, il parait aussi énergique que son cousin: deux de tension.. Mais comme toujours, il ne faut pas se fier aux apparences. Un autochtone me recontera a posteriori que le Wombat, lorsqu’il est attaqué, laisse volontairement entrer le prédateur dans son terrier afin d’écraser la tête de l’assaillant contre la paroi grâce à ses puissantes pattes postérieures, quelle défense!

Au final, j’étais venu avec le mince espoir d’apercevoir un ornithorynque, je repars avec la satisfaction d’avoir croisé le chemin d’un wombat dont je ne soupçonnais même pas la présence dans la région.

 





Dans l’univers d’un Country Show à l’Australienne

31 03 2010

J’ai eu l’occasion dernièrement d’assister à un évènement marquant de la vie rurale Australienne: l’Agricultural & Horticultural Show qui se tenait dans un village au nom évocateur: Kangaroo Valley! L’Agricultural Show est une sorte de foire agricole à la sauce OZ, un curieux mélange alliant expositions de bétail, ducasse, marché de produits locaux, concours canin, rodéo… C’est un évènement annuel qui se déroule à la fin de l’été, c’est même L’évènement de l’année  pour certains et chaque ville ou village – quelquesoit sa taille – présente son propre show. J’ai donc choisi d’aller au show de Kangaroo Valley, un village comptant 320 habitants, perdu au coeur de la  magnifique vallée éponyme cernée par d’impressionnantes falaises de grès rougeoyant dépassant parfois 400m de hauteur. Mes randos dans le bush de cette vallée et mes découvertes naturalistes (t’inquiètes maman, pas de serpent..) feront l’objet d’un prochain article.

J’arrive donc en fin de matinée aux portes du show où je suis accueilli par un cowboy montant un boeuf à l’air très placide..

Après un rapide tour des stands proposant des spécialités telles que le toffee (gourmandises figées dans le caramel) ou les bacon and egg rolls (du jambon et des oeufs fris dans un pain spécial), la grande parade fait défiler tous les clubs et personnalités du village.

Avec tout d’abord le “gang” des tondeuses à gazon tunées qui sont une véritable mode ici apparemment..

Puis viennent le club de cornemuse local (une tradition héritée des origines anglo-saxonnes des Australiens) suivi par le tondeur de moutons (l’Australie est le pays qui en comptent le plus au monde), les pompiers, la police, le club équestre, les miss (particulièrement jeunes ici) et quelques entreprises locales qui en profitent pour faire leur promotion.

Il y a bien plus de monde autour de l’arène qu’il y a  d’habitants dans le village et pourtant j’ai l’étrange impression d’être le seul étranger ici. C’est vrai que Kangaroo Valley est un peu à l’écart des sentiers touristiques traditionnels..

A la fin du défilé, la doyenne prend le micro pour nous honorer d’un discours soporifique suivi de l’hymne Australien pourlequel toute la foule se lève et chante la main sur la poitrine. Wooo, on ne rigole pas avec ça ici! Je fais semblant de chanter pour ne pas avoir l’air trop “touriste” même si je ne connais pas les paroles :)

Au cours de l’après midi, les activités se poursuivent avec les concours de wood choppers (bûcherons) surentraînés fendant les troncs à un rythme fou et LE CLICHÉ du concours canin animé par une juge dans une magnifique robe à fleur qui devait être à la mode dans les années 60 et la candidate à la coupe de caniche si fière de son toutou qui a visiblement dû se faire brosser pendant 3 heures pour avoir les poils aussi lisses.

       

Au passage, je rencontre une éleveuse de bassets hound et 2 jolies jeunes filles que je présenterais bien à Oscar..

Le show, c’est aussi l’occasion pour les habitants et les écoliers d’exposer leurs talents de cuisiniers, jardiniers, photographes, peintres et autres loisirs créatifs.On trouve aussi un pavillon d’exposition des plus beaux bovins, ovins et volailles.

En début de soirée, on sort les ballots de foin pour observer ces demoiselles tenter de former la plus haute pile possible. Puis les moteurs des tondeuses à gazon rugissent à nouveau dans une course effrenée assez marrante à observer. Promis en rentrant, je commence l’entrainement avec la mienne dans le jardin!

Et enfin, le mythique Rodéo! Pas de cheval ici, on tente de dompter les taurillons..avec plus ou moins de succès. La plupart des candidats sont à terre en moins de 5 secondes mais certains sont particulièrement tenaces. L’occasion pour eux de remporter les quelques centaines de dollars en jeu et surtout de susciter l’admiration du public.

Voilà une journée bien divertissante à la découverte des traditions de l’Australie rurale après avoir découvert l’ambiance des grandes villes de la côte.





Les Rois de la Glisse

19 03 2010

S’il y a un sport qui définit l’Australie – au delà des rugby, cricket ou footy – c’est bien le surf! Plus qu’un sport, le surf est un état d’esprit et un mode de vie en OZ.

Ici, on n’hésite pas à organiser sa vie autour du surf: maison près de la plage, horaires de travail permettant d’aller tâter la vague tous les jours..

On a tous en tête le cliché du Surfer Australien: sa longue chevelure blonde avec la mèche devant les yeux, son maillot de bain flottant Billabong aux couleurs flashies, son corps qui fait fantasmer une belle brochette de donzelles sur la plage, sa planche Ripcurl toujours sous le bras mais surtout l’air cool quoiqu’il fasse. Eh bien ce n’est pas qu’un stéréotype, j’en ai croisé beaucoup des comme ça.

J’ai la chance d’habiter un petit village situé à 10 mn de l’océan pacifique sur la south coast (sud de Sydney) réputée pour offrir quelques très bon “breaks” de surf. Les beaux jours, mon occupation favorite en rentrant du boulot est donc d’aller observer les surfers sur une plage de Kiama baptisée - je vous le donne en mille - la surf beach.

Sans oublier les inévitables Surf shops avec ici le Natural Necessity Surf shop à Gerringong, l’un des plus grands du district!

Le surf au final, c’est beaucoup d’attente et de lutte contre les vagues dans l’espoir de quelques secondes de glisse sur la vague parfaite. Mais qu’est ce que ça doit être bon! Prochaine étape: me jeter à l’eau..





Melbourne has it all

2 03 2010

Pour bien terminer ce mois de janvier, je choisis d’aller passer le week end à Melbourne. Je prends donc un bus de nuit qui m’amène à destination après 11 longues heures de route et 2 états traversés.

Melbourne est la capitale de l’état de Victoria au sud-est de l’Australie et la 2e plus grande ville du pays. Elle est réputée comme étant la capitale sportive et culturelle d’Australie, et je peux le confirmer après ce long week end.

La première de mes préocuppations à mon arrivée au petit matin est de trouver un endroit où dormir, et ce n’est pas évident car ce week end se déroule la finale de l’open d’Australie: tout est complet en centre ville. Finalement, je trouve un hostel pas trop excentré que je rejoins en traversant les charmants abords piétonniers de la Yarra river encore très calmes en ce samedi matin. La fin de la matinée sera consacrée à explorer une partie de la ville. Premières impressions: une ville jeune, bouillonnante, sans aucun doute cité d’art et carrefour des cultures. Ce mélange des styles m’évoque d’autres endroits du globe, d’où le titre “Melbourne has it all” (cf ces quelques photos pour l’illustration)

 

 

Je rattrape un peu de sommeil en début d’après midi avant de rejoindre Manon et Nelly, des amies de l’ENSAIA qui sont en stage à Melbourne depuis août dernier. 6 mois et beaucoup de choses à se raconter autour d’un verre! Mes 2 nouvelles guides m’emmènent ensuite au sommet de l’Eurêka Tower qui culmine à 300m, ce qui en fait le plus haut immeuble résidentiel au monde. Il paraît que le pont d’observation est le plus élevé de tout l’hémisphère sud! Je dois avouer que la vue est impressionnante. Nous arrivons à temps pour le coucher du soleil et un tour du pont nous permet d’avoir une vue à 360 deg. Les filles m’indiquent les diffèrents quartiers et ce qui vaut le coup d’oeil dans le centre de Melbourne.

De retour sur le plancher des vaches, nous partons en quête d’un bon resto dans chinatown. Après cet agréable dinner, nous finissons la soirée au bord de la Yarra river avant de nous quitter. RDV à Brisbane les filles.

Le lendemain, je vais faire un tour du côté du magnifique jardin botanique Royal. Mis à part la richesse de la collection, le jardin est remarquable de par son aménagement paysager et son plan de gestion de l’eau: les agronomes ont divisé par 2 la consommation hydrique au cours des 6 dernières annéees. Ça fait parties des enjeux majeurs dans l’état de Victoria qui a souffert de sécheresse au cours des 7 étés passés. J’aperçois quelques Pukekos, ces oiseaux bleus au bec rouge flamboyant, qui me rappellent la Nouvelle Zélande où on les trouvait partout.

11h: je vais faire un tour du côté du Rod Laver Arena où doit se jouer la finale homme de l’open d’australie ce soir. A l’affiche, Roger Federer (quelle surprise..) contre Andy Murray l’Ecossais. Le dernier Français en lice a été balayé en demi finale par Roger après un beau parcours.

Les places sont toutes vendues depuis plus de 4 mois mais je me dis qu’en attendant devant l’arène, il y aura surement des personnes qui souhaitent revendre la leur..reste à savoir à quel prix. A mon arrivée, une dizaine de supporters bariolés et désespérés de trouver une place attendent déjà devant l’entrée. Et personne ne semble avoir de place à revendre. Ça s’annonce mal. Une équipe de la BBC vient interviewer l’écossaise juste devant moi.

Après une demi-heure d’attente, alors que je me trouve quasiment au bout de la file d’attente, un jeune homme m’aborde en me demandant si tous ces gens cherchent des places. Je lui réponds que oui en me disant “Ça y est, un de plus dans la file d’attente”. A ma grande surprise, il me propose la place d’un de ses amis qui n’a pas pu venir – et au prix de vente initial!! Pincez moi.. Il remarque vite mon accent et me demande si je veux continuer la conversation en Français, ça rendra les choses encore plus faciles! Je vais donc boire un schooner avec Antoine pour fêter la transaction.

A 15h, les portes du Rod Laver Arena s’ouvrent. C’est l’effervescence: de nombreux britanniques sont venus pour supporter Murray l’outsider mais Roger peut comme d’habitude compter sur son fan club venu en force. Nous assistons d’abord à la finale double mixte remportée par Black et Paes (Zimbabwe/Inde) contre Makarova et Levinsky (Russie/Rép Tchèque): 4 joueurs dont je n’avais strictement jamais entendu parler avant ce match..

Vient ensuite la finale tant attendue! L’excitation monte chez les supporters jusqu’au moment où apparaissent les 2 stars sous un tonnerre d’applaudissements. Le toit du stade s’ouvre complètement après que le´risque d’averse ait été levé.

Nous sommes assis à côté d’une Suissesse fan de Roger, très angoissée à l’idée de voir son idole mise en danger par le Britannique. Craintes non fondées puisque “The Maestro” comme on le surnomme attaque le match sur les chapeaux de roue et laisse peu d’occasions à Murray.

Sa maîtrise technique est impressionnante: il n’a tout simplement pas de point faible. Le 3e set est plus disputé avec plusieurs balles de set pour Murray qui ne concrétise pas et craque sous la pression. Federer remporte finalement sa 17e finale dans un tournoi du grand chelem en 3 set. Quel champion! Murray, vaicu, s’effondre en larmes pendant son discours: tout le monde est triste pour lui..

En tout cas, ce fut une soirée riche en émotions: voir une finale de tennis en direct, c’est vraiment autre chose que de regarder Roland Garros à la TV.

Le lundi, je profite de ma dernière journée ici pour finir d’explorer le grand centre. Antoine me rejoins sur les Docklands, quartier magnifiquement rénové, pour casser la croûte.

Encore quelques heures pour découvrir la capitale culturelle et les nombreux hommages à ses artistes avant de reprendre mon bus vers Nowra.





Aussie day in the Harbour City

26 02 2010

J’ai peut-être râté le 14 juillet dernier en France, je me rattrape avec l’Australia Day chez les Aussies. (Précision étymologique: Néo Zélandais=kiwi, Australien=Aussie). La fête nationale Australienne est célébrée le 26 janvier et commémorre l’arrivée en 1788 de la première flotte de colons dans la baie de Sydney. Quel meilleur endroit où passer ce jour que Sydney ai-je envie de dire?

2 premiers week ends en Australie: 2 week ends à Sydney. Oui, je trouve cette ville vraiment sympa et il me reste encore beaucoup à découvrir dans la Harbour city. I’ll be back. Après tout, je ne suis qu’à 2h30 de route; autant dire un saut de puce à l’échelle Australienne.

Pendant ce week end, je loge au YHA dans le quartier historique des Rocks à 2 pas de Circular Quay et de l’Opéra. Cette chaîne d’hostels ne m’avait pas fait très forte impression en Nouvelle Zélande où Julien et moi avions de loin préféré les backpackers BBH plus charmants, personnalisés, à dimension humaine et très bonmarchés. Bref, tout le contraire du YHA d’Auckland où nous avions séjourné à notre arrivée. Le problème, c’est que BBH n’existe pas en Australie. Je réserve donc un YHA bien situé (donnant sur la baie de Sydney) sans grande conviction.. Et là quelle surprise !! Un hostel flambant neuf, chaleureux, très design, ultra propre avec une salle de bain par chambre, terrasse au 3e étage offrant une vue imprenable sur l’Opéra et surtout unique en son genre puisqu’il est construit sur un site archéologique. Sa structure en métal lui permet de « flotter » au dessus du site sans le cacher ni le détériorer. Ça fait une drôle d’impression de marcher au dessus des fondations de l’une des premières bâtisses du pays construite au XVIIIe s. par un prisonnier déporté ici par les flottes anglaises à chaque fois que je me rends à ma chambre.

J’entame donc le week end avec un barbecue typiquement Aussie et une bonne bière (Cascade pour les connaisseurs) avec en toile de fond l’Opéra et le Harbour Bridge.

Le lendemain, pas le temps de chaumer si je veux profiter au max des animations organisées pour l’Australia day. Le programme des festivités est impressionnant : défilés, courses nautiques, spectacles aborigènes, feu d’artifice et une abondance de concerts qui me rappelle la fête de la musique en France.

Je décide tout d’abord de grimper au sommet de l’un des pylônes du Harbour Bridge d’où j’aurai une vue imprenable sur la grande course nautique. Le principe étant que toute embarcation capable de flotter, du voilier coque de noix au méga yacht de 30m peut participer à cette course qui se déroule dans la baie et passe sous le Harbour Bridge. Le nombre de navires est impressionnant comme vous pouvez voir sur le panorama. Quand cette flottille se met enfin en mouvement, le blanc de l’écume des remous se substitue soudain au bleu profond des eaux de la baie.

Redescendu de mon promontoire, je passe une bonne partie de la journée à explorer les Rocks et The Domain en m’arrêtant devant les concerts qui me plaisent. Je suis très impressionné par la variété des styles et la qualité des groupes !

Un autre fait marquant en cet Australia day : le sentiment de fierté nationale est très fort ici à en juger par l’omniprésence du drapeau Australien décliné sous toutes formes d’accessoires, allant du très kitch chapeau haut de forme aux mini-drapeaux  que l’on accroche à sa portière de voiture. Certains diront que c’est du nationalisme exacerbé à la mode Américaine mais je trouve nous Français devrions nous en inspirer un peu; ça nous éviterait peut-être de voir la Marseillaise régulièrement sifflée lors des matchs de foot.

   

 En milieu d’après midi, je me dirige vers le quartier des docks récemment rénové où se tient un grand concert de Jazz & Blues : « Jazz on the water ». De nombreux Sydneysiders ont jeté l’ancre de leur voilier face à la scène pour profiter du concert. Je me choisis un carré de gazon bien confortable pour écouter la performance sous un soleil magnifique. J’ai adoré la prestation de la chanteuse de Jazz accompagnée par les cuivres de l’armée Australienne

La journée se termine par un grand feu d’artifice sur Darling Harbour que je compte observer depuis la colline de l’observatoire près de mon hostel.. Mauvais choix : les gratte-ciels  du CBD me cachent la moitié du spectacle. Le bouquet final est tout de même spectaculaire. Ensuite, place à la vie nocturne avec les nombreux bars des Rocks dont l’Australian Pub, mitoyen du YHA, qui propose un choix impressionnant de bières « on tap ». Je n’ai qu’un mot à dire : Cheers !








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